Enquêtes interactives - 1972/1975

« Les enquêtes de Jean-Paul Thenot m’intéressent en ce sens qu’elles constituent une tentative pour briser l’institution actuelle du sondage. Celle-ci consiste à demander aux gens de quantifier l’avenir et d’annoncer l’imprévisible. Troubler cette institution, cela peut conduire à de nouvelles zones de la conscience où les personnes interrogées vont penser à des questions dont elles n’avaient aucune idée auparavant. »
Jean Duvignaud « L’art sociologique et sa fonction de provocation », Catalogue Musée Galliera, Paris, 1975.


Sous forme d’expérimentations, un certain nombre de propositions sont soumises au public par sondage. La première portait sur des catégories possibles d’identification (animal, partie du corps, plantes…) D’autres suivirent régulièrement, à partir d’octobre 1972, qui portaient sur la forme, les couleurs, les matériaux. Il s’agit outre d’infirmer et de confirmer leur valeur communicative ou cathartique, d’analyser leur valeur sémantique et surtout de provoquer un questionnement, en fonction des associations mentales qu’elles suscitent.

Chaque intervention se propose par l’approche de l’imaginaire, d’estimer le retentissement et la force significative de certains mots, signes ou éléments, présentés d’une part sous une forme linguistique (mot), d’autre part sous une forme perceptive ( réalité ou reproduction). En fonction de la pertinence de la proposition et des liaisons associatives, l’élément inducteur déclenche des représentations mentales. Elles oscillent entre des associations souvent évoquées aux références collectives et des associations très rarement exprimées, aux références plus individuelles qu’archétypiques.
Ces questionnements et ces expérimentations sont effectués auprès d’un public systématiquement non artistique, représentatif d’une population donnée. Ils se distinguent de l’enquête au sens large, qui utilise des moyens variés, par leur recours au principe de l’échantillonnage et au calcul des probabilités.